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Annecy ne me fait plus rêver.

La ville autrefois surnommée la Venise des Alpes, avec ses canaux pittoresques et ses montagnes majestueuses, a perdu son charme. Les rues tranquilles sont désormais envahies à l’année par quatre millions de touristes, rendant impossible une promenade paisible le long du Thiou. Les petits cafés au bord du lac, où l’on pouvait savourer un moment de détente en toute sérénité avec des connaissances croisées sur le marché sont maintenant bondés et bruyants de Bidochons en marcel, tongs, bedonnants et transpirants, quand ils ne déambulent pas torses nus dans les boutiques de la ville.

Annecy ne me fait plus rêver. Les prix exorbitants des logements et des services ont transformé cette ville autrefois abordable en un lieu de luxe inaccessible pour beaucoup. Les habitants de longue date, qui faisaient le charme et l’authenticité de la ville, sont peu à peu contraints de partir, remplacés par des résidences secondaires et des investissements immobiliers. En 2023, 2460 annonces de location Airbnb apparaissent sur la ville. Et c’est sans compter Booking et Abritel. La convivialité et le sentiment de citoyenneté se dissipent, laissant place à une atmosphère impersonnelle.

Annecy ne me fait plus rêver. Les évènements culturels et festifs qui rythmaient la vie de la cité disparaissent les uns après les autres. Le festival international du film d’animation reste un des points d’orgue. Le festival du film italien est enterré, les grands projets aussi. Et la mairie n’en finit plus d’attendre sa rénovation.

Annecy ne me fait plus rêver. Le lac d’Annecy, bijou naturel, est aujourd’hui victime de la surfréquentation sur les rives comme sur les eaux. Les activités nautiques se multiplient sans régulation suffisante, mettant en péril l’équilibre fragile de l’écosystème. Les plages, autrefois tranquilles et accueillantes, sont désormais surpeuplées, rendant difficile la recherche d’un coin de tranquillité. Les poubelles débordent sur les plages et dans la ville. L’Avenue du Petit Port surnommée la « rue de la frite » en raison de ses effluves, envoie ses parfums sur Albigny. La mafia albanaise inonde la ville de ses cochonneries à bon prix, les scooters Uber se faufilent tout comme les cyclistes entre les voitures, les piétons, les trottoirs et les piétons. Et l’entrain général n’est pas réfréné par les psychopathes qui poignardent les bébés dans les parcs ou les néo-nazis qui défilent dans la ville.

Annecy ne me fait plus rêver. Le développement urbain effréné grignote peu à peu les espaces verts et les zones naturelles. Les projets immobiliers se multiplient, remplaçant les villas fleuries et les bosquets par du béton et de l’asphalte. La faune et la flore, autrefois riches et diversifiées, sont menacées par cette urbanisation galopante. Les sentiers de randonnée, jadis des échappatoires bucoliques, deviennent des voies fréquentées et dégradées par des Vététistes inconscients, des traileurs hypnotisés par leurs performances sur leur montre connectée, des marcheurs nordiques pressés qui plantent leurs bâtons dans les fraises des bois, les mûres et les habitats de la faune, et qui ont tous oublié la bonne habitude de se saluer en montagne.

Annecy ne me fait plus rêver. La chaleur humaine et l’accueil chaleureux qui faisaient la renommée des habitants semblent s’étioler sous la pression touristique et économique. Les commerçants, autrefois souriants et disponibles, sont souvent débordés et stressés, rendant les interactions moins agréables.

La ville, bien que toujours belle en surface, a perdu son âme, son authenticité et sa magie.

 

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